Septembre vient nous rappeler chaque année que la tauromachie ne vit pas uniquement sur les grandes places. Il vit aussi des petits. Un de ces après-midi de village qui ne font peut-être pas la une des journaux, mais qui laissent des traces. Des célébrations qui rassemblent ses habitants et des places qui, pendant quelques heures, deviennent l'épicentre de leur vie. Algemesí, Arganda del Rey, Arnedo ou Villaseca de la Sagra en sont des exemples. Concrètement, chaque année, lorsque l'été s'amenuise, leur passion refleurit dans un rituel fait d'effort, de dévotion populaire et de l'enthousiasme débordant de ceux qui rêvent de s'habiller de lumières.
Ce sont les villes les plus emblématiques, celles qui ont le plus grandi, devenant dans de nombreux cas l'antichambre la plus reconnue où les figures en herbe peuvent sortir de l'anonymat, mais elles ne sont pas les seules à œuvrer pour promouvoir les racines de la tauromachie. Dans toute l'étendue de la peau de taureau qu'est notre Espagne, dans un grand nombre de municipalités, septembre ne se comprend pas sans taureaux, de même qu'il ne se comprend pas sans musique, sans poudre, sans processions ou sans réunions de famille.
Ces petites villes, depuis la nuit des temps, sont la grande pépinière qui fait vivre la fête et représentent le véritable berceau, indispensable je dirais, pour perpétuer l'art de combattre les taureaux. Ce sont des villes qui, face à la disparition des postes saisonniers qui donnaient des opportunités à des personnalités en herbe, ont assumé avec fierté une responsabilité historique : donner des opportunités à ceux qui n'ont pas encore de nom, mais qui portent dans leur âme le désir de le conquérir.
Nous devons remercier ces efforts pour le fait qu'ils apportent chaque saison de nouvelles valeurs aux supporters qui viennent sur les grandes places. Les noms d'Aarón Palacio, Marco Pérez ou Julio Norte sont les derniers à arriver pour enthousiasmer le public, tandis qu'en prélude à l'alternative Mario Vilau, Ruiz de Velasco, Nacho Torrejón, Emiliano Osornio, El Mene et Álvaro Serrano demandent déjà une place… Béni soit le mois de septembre très taurin.
