jeou les toreros avec les encornets et leur réapparition, c’est miraculeux. Mais plus encore lorsqu’il s’agit d’une fracture (en plus des encornures où les intestins étaient exposés), comme celle qu’il a subie. Daniel Luqué dans Le port de Santa María le 12 août. Cela ne fait pas un mois et Luc va à l’encontre de la loi de la gravité (au sens presque littéral du terme) et décide de se battre dans Arles (France) la corrida goyesque du samedi. De plus, c’est une décision préméditée et réfléchie de revenir, un effort de titane.

Daniel Luqué : « Je reviens parce que je me suis essayé et que j’ai bien paru, pour ne décevoir personne, moi d’abord. Cela n’a pas été une décision légère. Cette semaine, je suis allé sur le terrain, je l’ai parcouru, j’ai évalué les processus de récupération après l’effort. J’y ai réfléchi et pris une décision responsable avec moi-même, avec ma profession et avec le public qui veut me voir à mon meilleur niveau. J’ai six places de première classe devant moi jusqu’à la fin de la saison, les deux premières sont le week-end : Arles et Dax.»

Monde : Honnêtement, tout ce processus depuis l’après-midi de Le port Jusqu’à présent, cela a dû être une épreuve personnelle car c’était la saison pour fournir autant d’efforts depuis des années.

Daniel Luqué : « Cela a été très dur, très dur. Bien plus que ce que j’aurais pu imaginer. Regarder les jours passer, les foires… et manquer des lieux et des après-midi qui étaient importants pour moi, a été une épreuve. Des endroits où, après tant d’années, j’avais gagné une bonne position et une bonne reconnaissance. Un combat contre la douleur physique et la douleur mentale… »

Monde : La tête et l’esprit jouent l’un contre l’autre quand on regarde le ventre cousu et la jambe habillée du blanc du plâtre.

Daniel Luqué : « Quand ces choses arrivent, en pleine saison, dans une année comme celle que je vivais, ce qui fait le plus mal, c’est le mental. Tout bascule et une lutte interne contre la montre et contre soi-même commence. Je me suis fixé comme objectif de revenir au Goyesque de Arles Peut-être parce que j’avais besoin d’un rendez-vous, quelque chose à l’horizon.

Monde : Dans ces cas-là, se fixer un objectif est-il utile ?

Daniel Luqué : « Ça me dérangeait de ne rien avoir, de me battre sans savoir où ni quand. Cela a demandé beaucoup d’efforts, personne ne pensait que cela pourrait être prêt en quatre semaines. Ce que j’ai vécu reste pour moi et pour mon peuple.

Monde : Les accidents surviennent pour de nombreuses raisons, avez-vous réfléchi aux raisons ou vaut-il mieux tourner la page et regarder vers l’avant ?

Daniel Luqué : «Je ne veux pas m’attarder sur cet incident, c’est arrivé et cela s’est produit. La livraison a ces choses. Quand cela m’est venu à l’esprit, j’ai essayé de le supprimer. « Je devais penser positivement et me retrouver à nouveau devant les taureaux et le public. »