Morante a inventé un chef-d'œuvre devant le premier de l'après-midi. On ne peut pas mieux se battre avec moins. Le taureau de Garcigrande, puni à coups de verges – les deux coups obligatoires et deux autres en cadeau – ne s'est jamais vraiment cassé. Ce qui a cassé, c'est l'œuvre du Sévillan. Patient, impossible d'être plus installé, Morante cimente sa tauromachie avec un courage énorme. Il a fabriqué le noble taureau, sans dévouement ni rythme, jusqu'à ce que le miracle arrive sous la forme d'un lot monumental de naturels qui valait toute la tâche. La coupe, le tempérament, le muletazo courbé plus en arrière sur la hanche… quelle façon de corrida ! Morante en voulait plus mais pas le taureau. Il a tué d'un coup de piqûre et d'un coup détaché.
La seconde était apprivoisée. Bien qu'il y ait des doux et des doux, celui-ci de Garcigrande avait un son idéal. Il a également affronté un homme courageux : Daniel Luque. Donc, si le taureau pensait qu’il allait obtenir ce qu’il voulait, il avait tort. Le Sévillan a donné une leçon sur la façon de combattre un taureau brisé et insaisissable. Sans le déranger, en lui accordant des moments quand cela était nécessaire, en l'infusant de muleta dans d'autres, il combattait partout où le taureau voulait, c'est-à-dire devant les champs ensoleillés, toujours à l'intérieur. Luque était parfait. Et il l'a également tué de force. Il fit un geste de l'oreille.
Bilbao. Samedi 29 août 2026. Sixième abonnement aux Corridas Générales. Taureaux Garcigrande. Morante de la Puebla, ovation avec salutations ; Daniel Luque, oreille ; et Borja Jiménez. Entrée : Plus des trois quarts de la place.
