Morante de la Puebla présentera une robe très spéciale cet après-midi à Séville pour son retour à la Maestranza. C'est un authentique joyau de la tauromachie taillé dans le ton du vin et de l'or réalisé par son tailleur habituel dans les arènes, Justo Algaba.
Il ne s'agit pas de n'importe quel modèle, mais d'une réplique exacte d'une robe historique portée par Joselito « El Gallo »que portait le légendaire torero Gelves sur la Plaza de Acho, à Lima (Pérou), le 8 février 1920lors d'une mémorable corrida pour son bénéfice et ses adieux au cours de laquelle il a été enfermé seul avec six taureaux du ranch El Olivar. Cet après-midi-là, au cours duquel il lui coupa cinq oreilles et une queue, il gagna également un chiffre record pour l'époque : 110 000 pesetas, dit-on, la plus grande somme collectée jusqu'à présent par un torero dans une corrida. Après cet exploit, Joselito a fait don de la pièce originale au Musée taurin de la Plaza de Acho, où elle est conservée jusqu'à aujourd'hui.
La dévotion et la profonde admiration que Morante de la Puebla professe envers la figure de Joselito El Gallo, une référence continue dans sa tauromachie et son style, est bien connue. Pour ce retour, l'habile cigaretier a souhaité retrouver fidèlement la coupe classique des robes du début du XXe siècle.
En observant la pièce originale conservée au musée de Lima, le vêtement réalisé par Justo Algaba présente des particularités marquées par rapport aux costumes lumineux modernes, comme la veste ouverte pour mettre en valeur le gilet, les cols longs, un travail minutieux de broderie dense qui recouvre une grande partie de la soie couleur bordeaux avec des motifs floraux et des décorations baroques chargées de fil d'or, et les épaulettes tombantes.
Au-delà du vêtement, Morante s’impose comme un véritable gardien du temps, un gardien spirituel de l’âge d’or qu’il refuse de laisser mourir. Dans ses efforts pour récupérer le classique, le maître cigaretier conçoit ses robes légères non pas comme un simple vêtement, mais comme une toile vivante à travers laquelle raconter l'histoire de la tauromachie et rendre un hommage sincère à ses mythes, en l'occurrence Gallito.
Costume de Joselito exposé au musée Acho. Photo : https://larazonincorporea.blogspot.com/
