Aujourd'hui, alors que le Paseo de la Independencia de Saragosse regorge de livres et de roses et que le drapeau aragonais flotte fièrement sur chaque balcon, il règne un vide assourdissant au cœur de la ville. La Mercy Arena reste avec ses verrous fermés. Aujourd'hui, il n'y a pas de taureaux comme c'est la tradition le 23 avril, jour de la Saint-Georges. Ce que nous vivons aujourd'hui à Saragosse n'est pas le résultat d'un manque de supporters, mais d'une absurdité administrative qui a laissé ceux qui maintiennent vivante cette culture aux pieds des chevaux.
La chronologie des absurdités a commencé en mars, lorsque le Tribunal administratif des marchés publics d'Aragon a décidé d'annuler le dossier d'appel d'offres pour la gestion de la place. Une guerre pour les ressources présentée par diverses compagnies taurines (Tauroemoción et Pueblos del Toreo) a fini par dynamiter le processus. La Députation Forale de Saragosse, dans une tentative désespérée contre la montre, a demandé des mesures conservatoires devant le Tribunal Supérieur de Justice d'Aragon pour sauver la Feria de San Jorge. Mais le coup de grâce est tombé il y a quelques jours seulement : le tribunal a nié ces mesures conservatoires. Le résultat est ce que nous voyons aujourd’hui : une place vide et une tradition interrompue.
La plus grande victime de tout ce désordre est le fan. Pendant que les politiciens s'accusent mutuellement de « boycott commercial » et que les tribunaux discutent pour savoir si le contrat doit être un « bail » ou une « concession de service », l'abonné de Saragosse se retrouve privé de son après-midi de corrida.
Il est scandaleux qu'il n'y ait pas de taureaux à une date aussi sacrée dans le calendrier taurin aragonais. Il ne faut pas jouer avec l’enthousiasme du supporter et les caractéristiques d’Aragon. Pour l'instant, les Aragonais devront se contenter de la fête de la Ricla.
